Condition itinérante

Les travaux de l’Alliance ODENA sur la condition itinérante des personnes autochtones ont débuté dès 2010. Ils ont notamment donné lieu à une revue de littérature internationale, à plusieurs documents et conférences, de même que plusieurs activités de partage et d’échange des connaissances. Ils ont également conduit à la mise sur pied d’un nouveau projet de recherche financé conjointement par le Ministère de la Santé et des Services sociaux et l’Alliance ODENA. Ce projet en cours de réalisation se déroule à Montréal et à Val-d’Or.

Un plus grand nombre de personnes quittent aujourd’hui leur communauté d’origine (la réserve) pour s’établir dans les villes environnantes ou, plus loin, dans les villes métropolitaines. Cette mobilité s’est accrue de manière significative depuis les années 1990 et encore plus depuis le début des années 2000. Toutefois, la situation d’itinérance n’affecte pas seulement des personnes qui ont quitté récemment leur communauté située en milieu rural ou en milieu isolé : une part non négligeable (estimée entre 30 % et 40 %) des personnes autochtones qui se retrouvent en situation d’itinérance à Montréal ou ailleurs résidaient préalablement dans les villes, parfois depuis plusieurs générations. Pour bien comprendre la nature, les manifestations et la portée du phénomène de l’itinérance des Autochtones, il faut d’abord détenir une compréhension du fait autochtone urbain et de la manière dont cette présence s’est manifestée et s’est transformée avec le temps. Il faut également prendre en considération que le monde des communautés autochtones (les réserves) et celui de la ville (sous l’angle autochtone) ne sont pas des univers exclusifs, dans le sens qu’il existerait une frontière étanche entre les deux. Les dynamiques de mobilité et de circulation entre la communauté et la ville doivent donc être prises en considération.

Volet 1 : Documenter les caractéristiques et les trajectoires de vie des personnes itinérantes ainsi que l’utilisation qu’elles font des services offerts. Ce premier volet vise à : 1) tracer un portrait de la population itinérante (profil démographique et socioéconomique) ; 2) identifier les causes individuelles ayant mené à l’itinérance ou ayant résulté de l’itinérance (notamment les problématiques auxquelles les gens ont eu à faire face au cours de leur vie) ; 3) circonscrire, s’il y a lieu, les différents épisodes d’itinérance dans la vie d’une même personne de même que les situations d’entrée et de sortie ; 4) comprendre les étapes du processus d’itinérance, son parcours dans le temps et dans l’espace ; 5) reconstruire la dynamique des liens et des ruptures entre la personne itinérante et sa communauté (affiliation/désaffiliation) ; 6) décrire les services publics et communautaires que la personne itinérante utilise en fonction de ses besoins (profil des utilisateurs fréquence, durée, types de services, conditions et contraintes liées à l’accès).

Volet 2 : Documenter les formes d’itinérance selon qu’elles se manifestent en région ou en centre urbain. L’étude donne lieu à la préparation de deux corpus de données distinctes : un pour Val-d’Or et un pour Montréal. Une attention particulière est apportée aux contextes et aux formes que peuvent prendre les états ou épisodes d’itinérance selon les lieux ciblés. La collecte des données est organisée de manière à mettre en évidence les différences liées à l’ancrage urbain.

Volet 3 : Élaborer des pistes d’action visant la prévention, l’adaptation et l’amélioration des services. L’étude intègre, d’office, une visée d’intervention. Cela signifie que l’élaboration des pistes d’action constitue une préoccupation constante tout au long de l’étude. Elle donne lieu à des activités d’échange et de consultation de manière à ce que les préoccupations des Autochtones et des intervenants à cet égard soient consignées et prises en compte à chacune des étapes de la recherche. Sont considérées les interventions de nature préventive et précoces de même que les activités de sensibilisation et de formation destinées aux intervenants (autochtones et non-autochtones).